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  • JMG

Littéra/Avent-ture – #16


Tu poses d’abord tes yeux sur moi. Fixement. Longuement. Admirant ma fière allure, ma robe. Tu en es sans doute été tout excité, je le deviné.


Un soir de réveillon, forcément, tout semble possible. L’ambiance est propice à toutes les folies, à croire que si ça ne se passe pas ce soir-là, ça ne se passera jamais.


Je n’attends pas longtemps. Tu t’approches bien vite de moi. Presque hésitant. Comme retenu par une timidité qui ne te ressemble pas. Tu sembles impressionné. Tel un imposteur qui ne se sentirait pas à sa place. Presque effrayé par ce qui va se passer. Sans doute n’es-tu pas vraiment sûr d’être prêt, même si tu en crèves d’envie.


Je suis à portée de tes mains. Tu n’as qu’à allonger un peu le bras pour me toucher. Je n’attends que ça. Ce n’est pas la première fois que je vis cette situation, réveillon ou pas. Je n’en connais pas beaucoup qui aient résisté à mes courbes généreuses, à l’éclat de mon teint, à ma douceur.


Avec toi, pourtant, c’est un peu différent. Tu n’as pas l’arrogance de ces mâles à qui tout est dû, en tous lieux et en toutes circonstances. Tu n’as pas non plus l’allure repoussante et l’haleine répugnante de ceux qui n’ont plus rien à faire de rien et qui se laissent dériver sur un radeau de misère, loin du quai de leur dignité. Non. Il y a quelque chose de particulier en toi. Une retenue tout en élégance. Une certaine classe, voire un style très attirant.


Tu le tends enfin, ce bras. Le contact est foudroyant. Je sens un frisson qui te transperce le corps. Il te fait se dresser les poils de tes bras comme le seraient des herbes balayées par un fort mistral. Ce moment dure quelques secondes. Mais cela paraît des heures. Une éternité. À en oublier tout le reste du monde.


Puis tu romps le contact, pour mieux le reprendre immédiatement après. Comme un chat jouant avec une souris. Mais cette fois, le geste est plus sûr. Les doigts plus fermes. Décidés.

La partie est gagnée. Plus rien ni personne ne peut alors m’empêcher de m’offrir à toi. Je vois dans tes yeux briller mille et une étoiles dorées. Il y a au fond de toi une petite flamme qui ne demande qu’à se réveiller. J’en suis l’étincelle.


Tu te penches vers moi, tu m’attires vers ta bouche et le ressenti du moelleux de tes lèvres est tout simplement sublime. Un pur moment d’émerveillement. Une explosion de parfums et de saveurs, de douceurs et de volupté. J’aimerais que cet instant dure toujours. Que la grande aiguille du temps s’arrête et ne redémarre plus. Que le soleil fige sa course, de l’autre côté de l’horizon, laissant la lune, seule, illuminer d’une douce lumière cette nuit de réveillon.


Mais tu en décides autrement. À peine une seconde plus tard, tu relâches de nouveau l’étreinte, avant de porter sur moi un regard triomphant dans lequel les étoiles dorées ont laissé la place à de grandes flammes aussi chaleureuses qu’effrayantes.


Le charme est rompu. Tout est consommé. Même si ce n’est pas la première fois que ça se passe comme ça pour moi, j’en ressens toujours un mélange de frustration et de tristesse. Un arrière-goût de gâchis, celui de ne pas mieux profiter de ce moment magique.


Mais non. Tu me reposes, moi, la coupe de champagne millésimée que tu as préféré vider d’un trait, en t’imaginant déjà en commander une autre pour mieux noyer ton chagrin.

Ouvrez les autres cases!!


































































































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