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Cinq présidences européennes marquantes


Depuis 1960, le Luxembourg a occupé à 11 reprises la présidence du Conseil de l’Union européenne. Retour sur cinq d’entre elles que l’Histoire retiendra.


1966 Reviens, France! Depuis juin 1965, la France pratique la politique de la chaise vide et ne participe plus au travail communautaire à la suite d’un désaccord sur le financement de la politique agricole commune. Le 1er janvier 1966, le Grand-Duché prend pour la troisième fois la présidence et Pierre Werner excelle dans son rôle de fin diplomate. Il négocie le fameux compromis de Luxembourg réglant les relations entre le Conseil et la Commission, et déterminant les procédures de vote au Conseil. Un compromis qui permet à la France de retourner à la table du Conseil.


1985 Signature de l’acte unique européen La huitième présidence luxembourgeoise se déroule au second semestre 1985. Jacques Santer dirige le gouvernement et Jacques Poos occupe la fonction de ministre des Affaires étrangères. C’est à eux que revient l’honneur de finaliser l’Acte unique européen, initié au Conseil européen de Milan de fin juin 1985: un texte qui supprime les frontières intérieures entre les pays membres de ce qui est encore la Communauté européenne et introduira la libre circulation des marchandises, des capitaux et des services. Dans le même temps, le vote à la majorité qualifiée est étendu et les pouvoirs du Parlement européen sont élargis. Le président français de la Commission européenne, Jacques Delors, évoquera une présidence «vraiment remarquable sur le plan technique» et même «un moment de bonheur».


1991 Maastricht et l’euro sur les rails C’est dans un contexte international très instable (guerre du Golfe, disparition de la Yougoslavie et de l’URSS, crise dans les États baltes) que le Luxembourg entame sa neuvième présidence (au premier semestre). Il parvient à dégager un accord politique sur le rapprochement des taux de TVA et des droits d’accises. Mais il fait surtout avancer l’achèvement du marché unique en présentant un projet de traité sur l’Union économique et monétaire, qui servira de base au futur traité de Maastricht. L’euro prend doucement forme, dans la droite ligne du «Rapport Werner» publié en 1970.


1997 1 euro = 40,3399 LUF Durant le second semestre de l’année 1997, l’Union européenne adopte, sous l’impulsion de la présidence luxembourgeoise (10e du nom), une stratégie coordonnée pour l’emploi, fixant des lignes directrices communes à définir annuellement, pour encadrer les plans d’action nationaux. La présidence fixe également le plan de conversion des monnaies nationales en euros et fixe par anticipation les taux de change. Il en coûtera 40,3399 francs luxembourgeois pour 1 euro… En décembre, il est par ailleurs décidé d’ouvrir les négociations d’adhésion à l’Union (qui compte alors encore 15 États) avec Chypre, l’Estonie, la Hongrie, la Pologne, la Slovénie et la République tchèque.


2005 Une fin amère La 11e présidence luxembourgeoise se tient au premier semestre 2005, avec une UE à 25 États. Elle est notamment le théâtre de l’assouplissement de l’interprétation du pacte de stabilité et de croissance et de la relance du processus de Lisbonne. C’est aussi l’occasion d’adopter la directive sur la fiscalité de l’épargne et de signer le traité d’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie (en avril 2005). Mais cette présidence s’achève sur une note amère, avec l’échec des référendums français (fin mai) et néerlandais (début juin) sur le traité établissant une Constitution pour l’Europe.


(article publié dans l'édition Juillet-Août 2015 de Paperjam)

Sources: «À propos… du Luxembourg et de l’Union européenne», par le SIP.

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